7 octobre 2019

Et comme si ce n’était pas assez

Et comme si ce n’était pas assez,

je souffrais de souffrir,

un peu comme une deuxième flèche,

que je me plantais moi-même en plein flanc.

Depuis plusieurs années j’essaie de mettre en perspective la souffrance dans ma vie. Si il y a des années je fuyais la souffrance comme je fuirais un monstre dans le noir, aujourd’hui j’essaie de faire au mieux pour l’accueillir les bras ouverts. T’sais, je me dis que la souffrance en elle-même me fait mal, alors pourquoi en plus me faire souffrir de souffrir? Pourquoi y penser encore pendant des heures en souhaitant être dans l’absence de souffrance? Elle est là de toute façon. Je choisis d’au moins me donner à moi-même le cadeau de ne pas vivre en plus dans le rejet de ce qui est. Je souffre. Et oui. J’ai mal. Et oui. Un peu comme un chat qui me mord la main. Au lieu de me débattre en hurlant, le flatter doucement d’une main en souffrant de l’autre. Et j’ai remarqué que comme ça, du moins pour moi, la blessure est souvent beaucoup plus petite, et la cicatrice beaucoup plus rapide. Toi quel est ton rapport à la souffrance? Tu l’évites ou tu l’accueilles?

© Frédéric Gingras 2019