Phrases

Parce que tout ça c’est pour toi

Un p’tit mot pour vous. Parce que j’vous parle tous individuellement, que ce soit en commentaires, en messages privés ou en vrai, devant un thé, mais rarement à vous tous en même temps. J’ai toujours eu de la difficulté à concevoir le grand, une multitude de gens en même temps. Tout c’qui existe pour moi c’est toi, lui, elle, ceux qui sont devant moi dans l’instant. Mais vous êtes rendu quand même nombreux qui vous ouvrez à moi et avec qui je peux m’ouvrir aussi. Alors merci pour ça. Merci d’être là. T’sais, j’le sais toujours pas c’que j’essaie de bâtir avec tout ça, mais c’que j’commence à réaliser tranquillement c’est que toi pis moi, on peut changer les choses. En tendant la main à la personne qu’on a devant nous, on peut, un sourire à la fois, avoir un impact positif sur le plus grand. C’est tout c’qui m’importe au fond, faire sourire les personnes que j’ai devant moi, pis j’suis tellement honoré pis reconnaissant de vous avoir avec moi dans c’te belle aventure. Vous pis moi on fait juste commencer. C’est une belle communauté qu’on a là, pis j’veux qu’elle devienne plus belle pis plus grande encore. Qu’on partage le Love avec le plus de gens possible autour de nous. Pour qu’un petit coeur à la fois, d’ici quelques décennies, tout c’qu’il reste, c’est du Love. Alors merci de partager le Love avec moi. Pis si tu croise un gars avec une grosse crinière de cheveux frisés dans la rue, viens me faire un high-five. Viens parler. Parce que tout ça c’est pour toi. Pis que même si j’te connais pas, je t’aime.

On l’a déjà

Peut-être que c’qu’on veut vraiment, ça n’a rien à voir avec une carrière ou un style de vie. Peut-être qu’au fond de nous on a réalisé qu’on veut vraiment rien de tout ça, qu’au fond peu importe, que c’est pas ça l’essentiel. Pis que si c’est si dur que ça savoir c’qu’on veut, c’est peut-être parce qu’on l’a déjà, au fond, non? 😌🙏🏻

Session 006

Session 006

Peu importe. J’pense que c’est la phrase la plus importante de ma vie. Celle que je répète le plus souvent. Jamais avec dédain ou mépris. Toujours avec légèreté et amusement. Parce que ça m’amuse. C’est drôle, non? Toute cette importance que je porte à des choses qui, dans l’absolu, sont aussi insignifiantes qu’une poignée de sable le serait pour nous? Moi ça me fait sourire. Je souris en ce moment même en écrivant ces phrases, en pensant à mon insignifiance. Pourtant, malgré le fait que je ne sois qu’un amas de matière inutile identique à celle qui compose l’air qui m’entoure, malgré le fais que personne, de l’autre côté même de la rue, ne se soucie de mon malheur quand je me frappe l’orteil sur le lit, j’ai mal. Malgré tout, je veux, je désire, j’espère, je crains, j’appréhende. Mais t’sais, peu importe.

C’est un « peu importe » qui n’oublie pas le singe qui parle qui s’appelle Fred. Il le considère, mais il n’oublie jamais qu’au fond, dans l’absolu, peu importe tout ça.

J’pense que c’est une des réalisation qui a changé ma vie pour toujours, que de continuellement exister sur deux niveaux de conscience. Savoir que je suis ici, que je veux, que je planifie pour l’avenir, que j’ai mal quand on me frappe, que j’ai faim, mais aussi, qu’au fond, peu importe. J’sais pas pourquoi, mais j’souris encore. C’est dur à expliquer. C’est doux. C’est simple. C’est amusant. J’aime ça. Beaucoup.

Session 005

Session 005

Mais j’suis plus capable, on dirait que je ne comprends plus. Ou plutôt, soyons honnête, que je me refuse le jugement. Parce que je crois sincèrement, du plus profond de mon coeur et de mon âme, que toute personne est, à sa base, bonne et que personne ne fait le mal pour faire le mal. Certes, parfois on est confus, parfois on agit sous les bons conseils de la peur, ou de la colère, mais personne ne se lève le matin et a, comme première pensée de faire du mal à quelqu’un. Je ne le crois pas. Peut-être que je vis dans un univers naïf et trop candide, mais c’est le mien. Et j’y tiens plus qu’à la prunelle de mes yeux, à cet univers trop naïf et candide. Alors j’peux pas te dire que t’as raison, que ton patron c’est un enfoiré. J’peux pas. J’peux pas te dire oui, c’t’une merde, ce gars-là. C’est pas vrai, c’est pas une merde. Crime, j’peux même pas en vouloir à la seule personne à qui j’aurais dû en vouloir pendant des années, parce que je comprends d’où il venait, par quel concours de circonstances il m’a fait ce qu’il m’a fait. Pis j’refuse de retourner du négatif dans le monde. Il y en a déjà assez comme ça qui se promène comme un boomerang entre les gens. On s’en lance comme on se lance la balle dans le parc, comme si de rien était, comme si sa détruisait pas des vies sur son passage. J’en reçoit donc j’en redonne, moi j’suis pas capable. C’est trop laid, de la haine. J’peux plus. J’ai déjà trop donné dans la violence. Pis ça a failli me coûter la vie. J’peux plus. Alors viens pas me voir si t’as besoin de quelqu’un pour t’aider à haïr, j’peux pas. J’peux pas t’aider à haïr. Moi j’veux t’aider à aimer.

Session 004

Session 004

Un de mes gros combats dans ma vie a, et est encore, d’essayer de me détacher de l’identité. Parce que j’ai l’impression que j’en ai pas vraiment besoin. Que je n’ai pas vraiment besoin de pouvoir me décrire à moi-même telle une liste d’épicerie. Que je peux juste être là, sans nom, sans personnage, sans appartenance, sans genre, sans définition, pis que tout va bien aller. Tout va même beaucoup mieux depuis que c’est ma pratique spirituelle principale. Pas besoin de continuellement justifier les contradictions entre la liste que j’aurais écris et les actes que je pose au quotidien. Pas besoin de me limiter à une boîte, je peux aller me promener un peu partout, ou pas, ou juste rester là, dans l’herbe, à goûter un fruit, à entendre le bruit du vent, à sentir l’odeur du matin, à voir les écureuils jouer dans le parc, à sentir mes cheveux sous mes doigts. J’peux juste être là, sans avoir à être Fred Gingras. C’t’une vraie libération, du moins pour moi, que d’oublier les contraintes, ou plutôt, de réaliser qu’elles sont juste dans ma tête. Est-ce que je suis végane? Peut-être. Peut-être pas. J’mange des fruits pis j’aime ça. Est-ce que je suis pour ou contre cela? Qui sait. Aujourd’hui je trouve que c’est une bonne idée. Demain, on verra. J’comprends de moins en moins cette idée de constance à laquelle il faudrait adhéré, comme si on ne devait pas changer. Comme si c’était plus facile de se limiter à des étiquettes et des petites boîtes que de juste errer sans nom. Plus facile pour qui? Pas pour moi. J’ai pas besoin de me sentir mal parce qu’aujourd’hui je dis blanc et qu’hier je disais noir. Il y a juste le maintenant. Pis maintenant il n’y a pas de Fred Gingras. Ça c’est juste un nom qu’on dit à voix haute quand on me pointe du doigt. Ça aurait pu être Gisèle, Gaspard, Élise ou même Patate. Un construit. Une idée qu’on se fait de moi. Mais je suis beaucoup plus que ça. Pis toi aussi.

Session 003

Session 003

J’me suis toujours considéré comme étant toujours juste entre le chien de ruelle et le chat domestique. Entre le désir d’être seul et celui de continuellement connecter avec les autres. J’sais pas d’où ça me vient. Ni c’que ça représente. C’que je sais c’est que j’peux pas survivre d’un côté ou l’autre de la barrière. Ça me prend mon déséquilibre. Mon paradoxe entre ma quête de solitude et mon besoin inassouvi de nouvelles rencontres. Parfois ça m’inquiète, parfois ça me rassure. Parfois je n’y pense pas trop. Parfois c’est tout ce à quoi je pense. Par moments on dirait que j’me sent toujours seul, même si j’ai plein de gens autour de moi. D’autres moments je me sens continuellement agressé par leur présence, comme pourchassé par leur énergie.

Mais c’est beau, tout ça. C’est plus complexe en sens que c’que les mots peuvent porter sur leur dos fragile. C’est le soleil pis la lune. Les hurlements et les chuchotements. Tomber continuellement en amour avec tout le monde puis fuir dans ma p’tite grotte.

Ça t’arrives, à toi aussi, de te sentir entre deux sentiments opposés, mais qui, pour toi, se complètent?

Comme quoi la vie n’est pas noire et blanche. Qu’elle n’est même pas grise, plutôt à la fois blanche et à la fois noire. Qu’on vit tous une réalité contradictoire qui nous rendra fou si on y pense un peu trop.

Est-ce que tout ça est important? Absolument pas. Est-ce que tout ça est important? C’est la seule chose qui compte.

© Frédéric Gingras 2018